De ma Plume à vos Oreilles

16 mai 2012

Les paupières, Yoko Ogawa

lespaupieres Yoko OgawaJe ne connais rien de Yoko Ogawa. Seulement qu’elle est japonaise. Je me suis offert deux livres de poche de cet auteur au dernier Salon du Livre parisien, car comme vous le savez, le Japon était à l’honneur pour cette édition 2012. Impossible, donc, de repartir sans un ou deux bouquins japonais dans la poche. Surtout que je suis ignare en matière de littérature japonaise.

J’ai choisi Les Paupières parce que le titre et la couverture étaient doux. Eh oui. Je ne suis pas du tout violente ou brusque, malgré ma maladresse constante. J’aime les choses légères, même si mon cœur balance en général pour les romans noirs et les thrillers meurtriers. Allez comprendre.

Je disais donc que j’avais choisi ce livre pour la douceur qu’il dégage. Cette fleur à peine éclose n’est-elle pas sublime ?

Eh bien, elle résume parfaitement l’écriture de Yoko Ogawa. Légère, fragile, sensible, secrète. Ce livre rassemble en fait 8 nouvelles, relativement courtes. Chacune parfaite pour un aller en transport en commun.

Toutes ces histoires sont empreintes de nostalgie, de souvenirs. On y retrouve des personnages curieux mais discrets, qui écoutent ou observent d’autres personnages, souvent plus vieux qu’eux, qui ont quelque chose à raconter. La vie et la mort sont des thèmes largement abordés.

Je crois que j’ai préféré “Backstroke” (“dos crawlé”). Cette nouvelle raconte l’histoire d’un jeune homme parfaitement doué pour la natation, voué à un brillant avenir sportif. Un jour, comme ça, peu de temps avant les Jeux Olympiques, son bras gauche reste figé en l’air, collé contre son oreille. La famille s’agace, le jeune homme ne dit rien. Alors la mère, si admirative de son fils, devient folle peu à peu ; le père boit.

Le fait-il exprès ? Pourquoi ? On ne le saura pas. Mais je suis restée scotchée par ce personnage mutique qui, du jour au lendemain, abandonne son corps (ou est-ce son corps qui l’abandonne ?) et, par la même occasion, sa passion qu’est la natation.

J’ai compris que chez Yoko Ogawa, il ne fallait pas s’attendre à une fin retentissante ou surprenante, comme on peut en trouver chez Didier Daeninckx ou Roald Dahl. L’histoire s’arrête simplement. Un peu déroutant, au début, mais l’on s’y fait.

Bien sûr, si vous cherchez un petit livre rapide à lire, mais dynamique, avec de l’action, des rebondissements, de l’humour ou des meurtres, laissez tomber Les Paupières (ouaah, super blague !). Considérez plutôt ces nouvelles comme des parenthèses, comme des mini-bains chauds silencieux, à lire de temps en temps pour souffler et s’émerveiller des plus petites choses.

OGAWA Yoko, Les Paupières, Editions Acte Sud (collection Babel), traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle, 2007 (2001 pour l’édition originale du recueil), 206 pages. 

7 mai 2012

La révélation du jour

Bon, ça y est, on commence à bien se connaitre. Vous savez maintenant qu’à certains moments de l’année, je suis peu présente sur ce blog, que je lis au ralenti, qu’aucun livre ne me motive ; qu’à d’autres moments, je suis accro aux bouquins, que je les enchaine, que je les chéris, que je vous les conseille.

Justement. Comme on se connait bien, je vous fais aujourd’hui une révélation du tonnerre, un truc tout foufou.

En plus d’aimer les livres et le cinéma, je suis…


…une folldingue des jeux vidéos d’aventure.


Attention, pas n’importe lesquels. Des “point’ n’ click”, comme on dit. Mais pas des “point’ n’ click” au pif. En fait, il y a 3 conditions majeures pour qu’un jeu fasse battre mon cœur à vive allure  :

1. La beauté des graphismes. C’est la base. Si les images sont moches, les voix décalées par rapport à l’image, les visages des personnages super moches… ça va pas être possible.

2. La performance et la qualité. En gros, si le jeu plante tout le temps, je l’abandonne. Pour un jeu de bonne qualité, il faut que la “logistique” soit impeccable. Donc qu’on puisse enregistrer à l’infini, que les parties soient facilement récupérables, que tout ça se fasse facilement pour mieux profiter du jeu en lui-même.

3. L’originalité de l’histoire. Si vous me dites “humour”, “effrayant”, “décalé”, “surprenant”, j’adhère. Si l’histoire est toute simple, toute nulle, que les personnages ne sont pas un peu bizarres, avec des réflexions rigolotes, je risque d’être déçue.


Mon site de référence : http://planete-aventure.net/


Découvrez maintenant ma collection :

Collection jeux vidéos Critéïne

Ma collec’ tout en bazar sur mon lit.

Collection jeux vidéos Critéïne 2

Ma collec’ en pile pour qu’on voit bien les titres. Sourire

Pour ceux et celles qui n’y connaissent rien, en gros, il y a des classiques. Un peu comme en littérature ou en peinture. A mon avis, pour ce type de jeux, il s’agit de :

- Les Chevaliers de Baphomet
- Syberia
- Runaway

Mon top chouchous, le voici :

- So Blonde (hiiii)
- Runaway (les 3 évidemment)
- Gray Matter (des graphismes super beaux…).

Si parmi vous, par hasard, il y a des amateurs, je tiens à connaitre votre avis et vos goûts. Et vos suggestions ! Les 3 Black Mirror m’attendent tout sagement, je me lance bientôt dans l’aventure.

5 mai 2012

Quand Eve raconte la terre du bon dieu à Adam, Malateste

Quand Eve...Quand Eve raconte la terre du bon dieu à Adam aurait pu plaire. Disons-le tout net : l’idée du livre est plutôt bonne, malgré une affreuse couverture. Malateste a en effet choisi de réinventer le mythe d’Adam et Eve, de manière humoristique et farfelue.

La première femme accueille donc son compagnon dans une sorte de paradis céleste et lui présente tous ses locataires, des centaines de personnalités historiques ou de personnages de fiction célèbres, rassemblés ici pour une raison inconnue. Hercule Poirot circule ça-et-là, Marie-Antoinette raconte son histoire, Napoléon se promène avec une boite à outils, Darwin, Casanova, Maurice Chevalier, Sacha Guitry, Caïn et François 1er, parmi tant d’autres, ont aussi leur mot à dire… Bref, ce méli-mélo promettait d’être drôle.

Oui mais… déjà, au bout de quelques pages, on commence à prendre peur. Les noms propres envahissent la page, les références bibliques et anecdotes historiques prennent le dessus et les blagues ne prennent pas.

A quoi sert tout ce tohu-bohu ? En vérité, il ne se passe rien. Adam découvre cet endroit si bizarre, divisé en plusieurs « étages », où sont répartis tous les locataires selon leur mérite. Certains sont mécontents et demandent que leur jugement soit révisé. D’autres se terrent chez eux. D’autres encore racontent leur vie à un Adam innocent, voire stupide. On attend impatiemment qu’un événement vienne nous secouer, qu’une véritable guerre civile se déclare… en vain. Certes, une petite révolte vient poser problème au couple biblique, qui tente alors de la réprimer, épaulé par son fidèle serviteur Hercule Poirot. Mais l’ennui pointe progressivement le bout de son nez, tel un nuage orageux venant assombrir le ciel.

Finalement, la lourdeur est de mise. L’auteur, en omettant d’être clair et limpide, assomme le lecteur et l’achève. A moins de 100 pages de la fin, chaque mot, chaque phrase épuise… Démotivé, on finit par lâcher ce livre long et sans intérêt qui fait plus perdre de temps qu’il amuse. Avec regret, bien sûr, mais aussi avec soulagement.

MALATESTE, Quand Eve raconte la terre du bon dieu à Adam, Editions Baudelaire, 2011, 277 pages

29 mars 2012

Qu’est-ce… qu’une lectrice ?

Voilà. J’ai envie d’une sorte de nouvelle rubrique, d’un nouveau rendez-vous (sans aucune périodicité évidemment). En marchant l’autre jour, j’ai pensé à cette fabuleuse question : “Qu’est-ce qu’une lectrice ?”. Et là, mon cerveau s’est mis à me sortir plein de réponses trop marrantes. Sauf qu’il n’avait pas bien compris que je marchais, que j’étais un peu pressée de rentrer chez moi donc que je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin pour noter toutes ses fabuleuses idées et que bien sûr, je ne m’en souviendrais pas.

DONC. Maintenant, là, je vais tenter de vous répondre quand même.

Je vous parle là de la Lectrice, quoi. Celle qui, nom d’une pipe, aime quand même bien s’évader régulièrement dans les pages d’un livre. DONC.

Messieurs, ne m’en voulez pas. Tout ceci va quand même vous parler je pense, si vous êtes Lecteur. C’est juste que…. oh pis hein ! Je n’ai pas à me justifier, c’est comme ça, c’est ainsi. DONC.


Une lectrice, il me semble, c’est…

… une fille qui, si elle est passionnée par un livre, va rentrer chez elle le fameux bouquin à la main et en arrivant, se poser sur son lit et continuer sa lecture (voire la finir), ses chaussures aux pieds.

… une fille qui aime bien lire dans un coin douillet, sans personne autour pour la déranger, sauf un chat, à la rigueur.

… une fille qui est capable, même si elle déteste ça, de lire dans un espace ridiculement petit, bondé de gens nauséabonds et maussades. C’est un peu sa manière à elle de s’éloigner de toute cette foule désagréab’.

… une fille qui trimballe TOUJOURS un livre dans son sac, quoi qu’il arrive : entretien d’embauche, examen, promenade, cinéma, rendez-vous quelconque, journée de travail, départ en vacances, voyage en train… TOU-JOURS !

… une fille qui a un grand sac ou un sac magique qui engloutit tous ses livres même si ça ne se voit pas. Même elle s’en émerveille.

… une fille qui culpabilise quand elle ne finit pas immédiatement-là-tout-de-suite-c’est-maintenant son livre du moment et préfère s’étaler devant la télé, ou même pire, ne rien faire. [Suis-je la seule dans ce cas ?]

… une fille qui range précautionneusement ses livres adorés ET détestés qu’elle garde quand même parce que ça fait une très jolie étagère et que c’est quand même un souvenir de lecture, non-mais.

… une fille qui, si elle le peut, va au Salon du Livre voir ce qu’on raconte sur le livre numérique. Si elle est malchanceuse, elle n’a pas le temps d’y aller avant la dernière heure d’ouverture du Salon. Ce qui est fort ennuyeux et l’oblige à courir partout pour espérer voir 1/1000e des trucs à voir qui sont déjà à moitié rangés et/ou finis. Snif. [j’ai l’impression de dire n’importe quoi, non ? Vous suivez ?]

Je viendrai peut-être compléter tout ça. Si vous avez des idées, aidez-moi, on va faire une magnifique rubrique de la mort qui tue. Hum.

Bon, allez, je vous laisse, je ne vais pas lire. Sourire

 

18 mars 2012

L’homme à la carabine, Patrick Pécherot

L'homme à la carabineMais, mais, mais… serais-je DEJA de retour ? Sourire Oui, je l’avoue, le soir, en rentrant d’une journée d’écriture, je ne me sens pas vraiment d’attaque pour rédiger des chroniques de blog. Mais bon, aujourd’hui, c’est dimanche, alors je suis généreuse.

J’ai donc lu récemment L’homme à la carabine, de Patrick Pécherot.

L’homme à la carabine n’est pas un roman. Ce n’est pas un essai non plus. Plutôt une sorte de méli-mélo de textes, d’impressions, de photos, de commentaires et de dialogues… Le héros ? André Soudy, membre de la fameuse « bande à Bonnot », groupe anarchiste à l’origine de plusieurs braquages et meurtres, au début du XXe siècle.

Pour suivre le fil, il faut donc d’abord connaître l’histoire. Ou l’avoir étudiée avant sa lecture. Malheur à celui ou celle qui ne le fait pas. Les textes, parfois romancés, journalistiques ou même scénaristiques, s’entremêlent à chaque page ou presque. Lorsque l’on parvient enfin à comprendre un dialogue ou une situation, le point de vue, les personnages et l’écriture diffèrent. Difficile, donc, de s’accrocher.

Certes, les détails sont nombreux, l’émotion est vive et l’on perçoit le point de vue de Patrick Pécherot, fasciné par ce jeune anarchiste qu’est André Soudy. Il est le plus jeune, le anti-héros de la bande. Celui qui ne tue pas, qui ne conduit pas. On l’imagine un peu à la traîne, caché dans son trop grand pardessus et son chapeau melon à la Magritte. Rien à voir avec Bonnot, agité, téméraire et casse-cou qui n’en fait qu’à sa tête.

Certes, la bande est révoltée, pauvre, malheureuse, trompée, déçue par le monde dans lequel elle vit. Oui, les portraits en noir et blanc de Soudy, parsemés ici ou là, dégagent une certaine mélancolie et sont un peu mystérieux.

Bien sûr, on aime les conversations entre Soudy et la petite Léa, sur la plage de Berck. La poésie et l’humour de l’adulte émerveillent l’enfant et rendent le récit plus léger.

Mais la lecture est trop compliquée. Décousue, on ne parvient pas à l’apprécier. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui parle ? On n’est pas sûr de tout bien comprendre… En revanche, on supporte mieux la fin : plus sinistre, elle est aussi plus simple. Les souffrances des héros s’achèvent, malheureusement, en même temps que la nôtre.

PECHEROT Patrick, L’homme à la carabine, Editions Gallimard, 2011, 272 pages


Sinon, j’ai aussi lu le fameux
Hunger Games, de Suzanne Collins, pour ne pas rester à côté de la plaque. Bon, c’est écrit au présent, et comme vous me connaissez bien, vous savez que j’ai du mal avec les livres écrits au présent, c’est-comme-ça-c’est-ainsi. Mais sinon, je pense que ça peut donner une bonne trilogie fantastique/science-fiction pour les ados.

Maintenant, je lis Le livre des choses perdues de John Connolly, et je dois dire que pour le moment, je suis heureuse de ma lecture. Un roman jeunesse, paraît-il. La couverture est si belle que j’ai craqué. Je vous en parlerez en temps voulu.

Adios amigos !

1 mars 2012

Les Monologues du vagin, Eve Ensler

monologues du vaginPour fêter mon mois d’absence, je reviens avec le magnifique bouquin d’Eve Ensler sur le vagin. Vous avez tous entendu parler de ces Monologues, lus à travers le monde entier, joué par de nombreuses comédiennes à Paris et ailleurs, au succès phénoménal et intersidéral (eh oui).

Mais alors pourquoi, pourquoi, vous demandez-vous, POURQUOI un tel chambardement pour un petit livre de 135 pages exactement, noir avec une grosse bouche dessus ? Parce que le vagin, messieurs, mesdames, ce n’est pas n’importe quoi.

Le vagin parle à tout le monde, les femmes comme les hommes. Déstabilisés par cet endroit si discret et dissimulé, les hommes sont en fait, je pense, très intrigués par le vagin de ces dames.

Le vagin inspire des témoignages touchants, violents, affreux, tristes, joyeux aussi mais surtout, surtout… TRES drôles ! Et ça, vous me connaissez maintenant, j’adore ! Quand c’est drôle, je suis toujours de la partie.

Je ne sais pas trop ce que c’est que ce livre, en réalité. Du théâtre ? Non, ou alors très contemporain. Un essai ? Non plus, trop décousu. Un rassemblement de témoignages ? Un peu, mais l’auteur s’exprime aussi, insère dans quelques pages des extraits de livres, d’articles journalistiques, des définitions.

Je crois qu’en fait, Les Monologues du vagin représente un peu la Bible du vagin. Tout le plaisir, la joie et les victoires qu’il peut provoquer. Toutes les souffrances et les blessures qu’il peut subir.

J’ai assisté à une représentation de ces Monologues à Paris, l’année dernière ou celle d’avant, je ne sais plus. J’ai aussi oublié les comédiennes qui jouaient ce soir-là. Je me souviens avoir beaucoup ri, tout comme les autres spectateurs qui m’entouraient. Je me souviens avoir été touchée, émue même, par certains témoignages.

Aujourd’hui, j’ai lu les Monologues dans le tramway. Un vieil homme était assis à mes côtés et lorgnait de temps en temps sur mes pages. Le mot “vagin”, tant de fois écrit, avait sans doute attiré son regard. Je vous l’avais dit, que le vagin parlait à tout le monde !

Bon allez, hop ! Si vous n’avez pas lu le livre ni vu sa mise en scène dans un théâtre, il va falloir se bouger un peu ! A Paris, vous pouvez vous renseigner auprès du Théâtre Michel, à partir du mois d’avril. Vous me donnerez votre avis !

ENSLER Eve, Les Monologues du vagin, Editions Denoël & D’ailleurs, 2005, 1998 pour la version originale, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Deschamps, 135 pages

1 février 2012

Bilan lillois

Filed under: Blabla — Criteïne @ 19:06
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Vous allez me dire : “mais c’est qu’elle aime les bilans, cette petite !”. Vous aurez tout faux : je suis grande. Ha-ha. En tout cas, après le bilan littéraire, voici le bilan lillois. J’ai en effet fait une petite halte de 3 mois et demi à Lille pour mes études et c’était pas du gâteau, je peux vous l’dire !!

J’ai désormais rejoins la capitale pour un nouveau stage de rédaction dans le secteur de la presse spécialisée dans la famille, les enfants, les nouveaux-nés… bref, un nouveau défi que j’ai hâte de relever ! Mon premier jour (aujourd’hui !) s’est bien passé, c’est le principal.

Lille, donc… qu’en retiendrai-je ?!

- une recherche et une visite d’appartement, un état des lieux et une remise des clefs EXPRESS (tout ça en un jour, qui dit mieux !?) ;

- une fac complètement tordue, avec parfois une allure de clinique médicale ;

- une tripotée de rédacteurs et rédactrices bien sympathiques, qui ont bien voulu m’inclure à leur groupe (et ça, c’est super gentil) ;

- des briques, des briques, des briques ! Et au-dessus, très souvent, des nuages ;

- une période où la SNCF ne m’a jamais autant vue dans ses gares et ses TGV. Je mériterai une médaille et une carte 12-25 offerte à vie, tiens ;

- des profs originaux, sympas, bizarres, agaçants… bref, des profs dont je me souviendrai, même en ne les ayant connu que 3 mois ;

- un déménagement, un état des lieux, une remise des clefs super-EXPRESS (tout ça en 2h30, incroyable !) ;

- une écharde un peu infectée, humble souvenir de Lille planté dans mon doigt, comme si la ville m’en voulait de m’échapper si vite.

D'accord, cette fois, il faisait beau.

Place à l’écriture, désormais !

Au fait, je lis Millénium 2 en ce moment,  je suis complètement accro. C’est fou comme c’est prenant, cette histoire !

26 janvier 2012

Jeanne, Jacqueline de Romilly

JeanneJeanne, c’est un hommage vibrant, mais timide, de Jacqueline de Romilly à sa mère. C’est le récit de la vie de cette femme libre, indécente, gracieuse et habile. C’est le point de vue d’une enfant, d’une adulte si bien entourée et aimée. C’est un texte absolument tendre, touchant, humain.

L’auteur raconte les événements et les rencontres qui ont ponctués la vie de Jeanne d’une manière si douce que l’on se croirait confident. Parfois indécise, parfois confuse, Jacqueline de Romilly montre à voir ses propres regrets et remords à l’égard de sa mère maintenant perdue. Parce qu’elle n’a pas toujours tout réussi, la mère. Parce qu’elle n’a pas toujours tout compris, la fille. Et elle ne se le pardonne pas vraiment. Néanmoins, grâce à son écriture fine, riche d’amour et de mots tendres, nous la pardonnons. On aime tant l’entendre parler de sa mère brisée par la guerre mais toujours forte, solide, profondément vivante.Jacqueline de Romilly

Jeanne est une mère douce, discrète, jolie et amusante. C’est une mère passionnée, écrivain, apprentie comédienne. C’est une mère aimante, qui ne vit que pour sa fille chérie, vestige d’un homme tant aimé et trop tôt parti… C’est une femme appréciée, entourée, courtisée, mais aussi une dame libre, indépendante, indocile.

Jacqueline de Romilly dresse donc un très beau portrait de cette fameuse Jeanne. On aurait presque envie de lire ses romans inconnus aujourd’hui. On est touché par les troubles de l’auteur, qui mêle les époques et les gens qui l’ont entourée autrefois et ne cesse de s’en excuser. On la comprend si bien aussi lorsqu’elle constate tristement qu’elle n’a pas été assez présente ou bienveillante à l’égard de sa vieille mère.

Jeanne est un livre personnel, intime, qui nous plonge au cœur de l’amour qui unit Jacqueline et sa maman. Publié après la mort de l’auteur, on se sent terriblement ému par ce récit tenu secret et l’on ne peut alors qu’admirer les deux femmes.

ROMILLY (de) Jacqueline, Jeanne, Editions de Fallois, 2011 (écrit en 1977), 245 pages

12 janvier 2012

L’écriture en soi (multiplier la création) – collectif

L'écriture en soiEn voici un bien curieux livre ! Certes, selon le descriptif de l’ouvrage, je m’attendais à réfléchir à la notion d’écriture, à ce qu’elle implique, etc. Mais de manière ludique. L’écriture en soi est en fait un bouquin très théorique. Donc forcément, mieux vaut être prévenu.

Voilà ce que l’éditeur dit du livre :

“Fidèle à lui-même, Bruno Gaia donne ce portrait réjouissant d’un écrivain qui se fait interviewer par une jeune et belle journaliste. Laurent Herrou a choisi également l’imaginaire pour narrer l’histoire sensuelle d’une écrivaine et de son amant. Quant à Michel Zumkir, il est question d’une réflexion qui touche aussi bien à son travail de créateur littéraire que sa place dans la communauté. Nicolas Brulebois, lui, préfère faire part à chacun de ses fantasmes et – subsidiairement – de ses influences artistiques. Enfin, Wilfried Salomé rend implicitement hommage à feu Guillaume Dustan (sous-titre "Génie divin 2") et propose, par conséquent, "sa" vision du monde.”

Attardons-nous d’abord sur le titre : “l’écriture en soi”. Tout est dit. Les cinq auteurs de ce livre réfléchissent, chacun à leur manière, à ce que cela peut vouloir dire. Est-ce l’écriture que l’on a en soi, l’envie et le besoin d’écrire qui veut sortir à tout prix ? Ou est-ce plutôt l’écriture en tant qu’acte, en tant que problématique ? Haha. Bonne question.

Pour résumer un peu le travail, L’écriture en soi rassemble donc cinq textes, de cinq auteurs différents mais tous un peu fous : Bruno Gaia, Laurent Herrou, Michel Zumkir, Nicolas Brulebois et Wilfried Salomé.

Pourquoi fous ? Je m’explique. Car chez moi, il faut le savoir, le terme n’est pas péjoratif. Il correspond seulement à mon ressenti : j’en suis ressortie étourdie, assommée par ce que je venais de lire. Comprenez-moi ! Les auteurs débitent des tas de théories, d’idées, de phrases longues et pleines de mots compliqués… Il faut donc bien s’accrocher. LOGO_EP-LA_CMJN

Sinon, je vous avais déjà parlé de Bruno Gaia. Ici, il n’a pas changé : toujours aussi pessimiste, en colère contre notre société, à l’écriture acide, efficace et parfois violente. Le voilà qui, tout comme Laurent Herrou et Michel Zumkir, choisit la fiction pour parler de l’écriture. Enfin… ils essayent. Bien sûr, il y a des personnages. Mais la plupart du temps, ils restent très peu dessinés ; le discours, lui, est théorique, complexe. Ce sont les auteurs qui parlent. On ne croit donc pas du tout aux histoires, aussi simples et floues soient-elles. Les auteurs surgissent d’on ne sait où et s’expriment directement. Et si cela n’est pas voulu, c’est du moins ce que l’on ressent. De vraies fractures qui embrouillent l’esprit plus qu’elles facilitent la lecture.

Les deux autres, Nicolas Brulebois et Wilfried Salomé, déclarent, eux, haut et fort ce qu’ils pensent, à la première personne. Ils abordent donc la question du modèle littéraire, du pouvoir de la littérature, leurs obsessions, leurs passions… Mais il faut être ultra-concentré pour comprendre leurs idées. C’est un peu dommage.

Ah oui ! Autre chose ! Il faut croire que pour les écrivains, l’écriture est indéniablement liée au sexe, au rapport charnel. Tous ou presque y font référence, de manière plus ou moins explicite, parfois même très exagérée. Bon. Si vous l’dites. Je ne suis pas vraiment convaincue. Le message, si je l’ai compris, c’est :

écrire, c’est se mettre à nu, se livrer, se délivrer.

Très bien. Mais était-il nécessaire de rentrer dans les détails, d’ensevelir le lecteur sous un amas de langage cru, de corps suants, collés, mélangés, de jouissance, de désir… tout cela sans aucun érotisme ? Une page, ça va, deux aussi, mais tout un texte là-dessus, c’est vite ennuyeux malheureusement.

Bref, L’écriture en soi tourne un peu en rond. Les textes en eux-mêmes sont décousus, lourds, compliqués. Sans pour autant exclure le fond de la pensée des écrivains, on aurait envie d’un peu plus de contextes, d’histoires, de personnages étoffés, pour mieux rentrer dans la tête des auteurs et pour, peut-être, mieux approuver leur vision du monde.

GAIA Bruno, HERROU Laurent, ZUMKIR Michel, BRULEBOIS Nicolas, SALOME Wilfried, L’écriture en soi, multiplier la création, Editions E P & L A, 2011, 70 pages pdf.

6 janvier 2012

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaireLà, déjà, il faut dire que la couverture est drôle. Moi, elle m’a intriguée. J’ai lu à plusieurs reprises qu’elle n’était pas appréciée de tout le monde. Eh bien moi, je l’aime. Elle est déjantée, c’est mon état d’esprit. Sourire

Et puis le titre est drôle et même le nom de l’auteur, qui comprend son prénom (vous avez remarqué vous aussi ou je suis complètement bizarre !?). Dingue.

Le livre maintenant.

Le lundi 2 mai 2005, une maison de retraite suédoise décide de célébrer les cent ans d’Allan Karlsson, leur plus vaillant pensionnaire. Mais cela n’est pas du tout du goût du vieux, qui décide subitement de s’enfuir par la fenêtre de sa chambre.

Voilà comment débute la rocambolesque histoire de cet incroyable et dynamique vieillard. Car tenez-vous bien, ce n’est que le début. Heureux de vivre à nouveau, Allan se rend à la gare routière de son village pour s’enfuir loin d’ici, peu importe où. Il fait la rencontre d’un jeune homme un peu louche encombré d’une lourde valise. La vessie pleine, celui-ci demande au vieux de la lui garder le temps d’un détour aux toilettes. Pas de chance ! Le car d’Allan arrive justement. Il s’enfuit donc avec la fameuse valise. Le hic : notre héros ignore que son contenu va lui attirer un certain nombre de problèmes. Commence alors une aventure farfelue à travers la Suède. Poursuivi par un enquêteur fatigué, une presse locale avide de faits divers et une bande de voyous bêtes comme leurs pieds, Allan fait petit à petit des rencontres riches en événements.

L’écriture de Jonas Jonasson est piquante, absurde, infiniment drôle, parfois moqueuse, parfois touchante, bref, on traverse les chapitres le sourire aux lèvres. L’auteur s’amuse à alterner la course-poursuite d’Allan avec l’histoire de toute sa vie. Et ce n’est que meilleur. On découvre un vieux qui ne l’a pas toujours été, vigoureux, chanceux, original et rigolo. Roi des explosifs en tout genre, Allan est en fait lié de près ou de loin à de nombreux événements historiques, qui lui ont permis de côtoyer Franco, Staline, Truman, Mao, Churchill, Kim Jong-il… et bien d’autres encore.

Tout simplement, pour découvrir ce que cache ce joli roman, fiez-vous à la couverture. Colorée, folle, décalée, mystérieuse, elle reflète bien l’imaginaire de l’auteur. Loin d’être glacial, obscur et maussade, ce roman nordique plaira à ceux qui aiment les aventures loufoques. Ici, l’histoire du monde est réécrite avec un humour débordant, on ne demande pas mieux.

JONASSON Jonas (avouez que c’est amusant !), Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Presses de la Cité, 2011, traduit du suédois par Caroline Berg, 454 pages

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